Marcelle Alix Marcelle Alix
Projects

L'ivraie

Gyan Panchal

19.05.2022 - 30.07.2022, vernissage 19.05.2022


en français plus bas

«
we have not heard about the thing to put things in, the container for the thing contained. That is a new story. That is news. »
Ursula K. Le Guin, "The Carrier Bag Theory of Fiction", Dancing at the Edge of the World, Grove Press, 1986


you: hello to you, things are moving forward
could you remind me of the basement ceiling height?
below my notes about the upcoming exhibition

we read: rebounds, impressions
your words are supple, well chosen
what are we going to do with our words not yet flowing?

we recall 2018
« la coupure, l’apparentée »
suspended forms, receptacles
for dummy eggs, a false clutch
for an albino fern, or a buoy for other fluids
unveiled concupiscence

shadowy things that feed us, maintain the silence

here again, to separate
from where? from what? to what?
as one separates the wheat from the chaff
you measure for us the exhilaration generated by the world’s toxicity
you look out for what is concealed within beings
like the always hidden non-recyclable... tsss

forever children will love their bright colours

lightning will last

Fukushima

bring back what has been rejected, taken away from us
unerased, indelible
the intimacy of objects, their cooked souls, you say

ensure the eternal fertility held in the abandoned thing
that which can still signal
thanks to you
the first to see helps the others to gain sight
Arun Kolatkar’s dark gaze

open the objects like flickering bodies
the survivalist freezer, the other companions of exhilaration and unspeakable violence
for them to speak again without staying the same
what force yet to contain?

elusive signs, unraveled bond to be remade
how do we reach each other?
stomach rumble
stiffened legs dance, drained

a solitary dance
eel-like, drudgery, clumsy
loving intoxication with undefined wombs
bites the ceiling, falls back, gets discouraged
a long lament, the rumbling you sense will grow
you must wait, remain, under pressure
and by breathing state: I am decency
this is my name

beside, you, us, holding back, or not

CB

(the words in italics are Gyan’s)

translation: Callisto McNulty


Gyan Panchal was born in 1973, he lives in Faux-la-Montagne (Limousin, FR). A graduate of the Jan Van Eyck Academie (Maastricht, NL), his work was part of many solo and collective shows: at the Contemporary Art Museum of Rochechouart (FR), Palais de Tokyo, Paris, Jhaveri Contemporary, Mumbai, Maison des Arts Georges Pompidou, Cajarc (FR), la Criée, contemporary art center in Rennes (FR), Thalie Art Foundation, Brussels (BE), CAN Neuchatel (CH), Plateau FRAC Ile de France, Paris, MaisterraValbuena, Madrid, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, Rennes Biennial, Carré d’art Contemporary Art Museum in Nîmes (FR), Crédac, contemporary art center in Ivry-sur-Seine (FR), Villa Arson, Nice (FR), Maison Populaire in Montreuil (FR), Ricard Foundation, Paris. In 2019, the Modern and Contemporary art Museum in Saint-Etienne presented a solo exhibition of his work which was accompanied by a monographic publication.


Special thanks: Marion Courtois, Josselin Vidalenc

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« Nous n’avons rien entendu sur la chose

dans laquelle on met d’autres choses, sur le contenant et
les choses qu’il contient. En voilà une nouvelle histoire. En
voilà une nouvelle. »
Ursula K. Le Guin, « Le fourre-tout de la fiction, une hypothèse », 1986 [trad. 2020, éd. de l'éclat]


toi: bonjour à vous, les choses avancent
pourriez-vous me rappeler la hauteur de plafond de l’espace en sous-sol?
ci-dessous mes notes au sujet de l’exposition à venir

on lit: des rebonds, des impressions
tes mots sont souples, bien choisis
qu’allons nous faire de nos mots pas encore écoulés?

on se rappelle 2018
« La coupure, l’apparentée »
des formes suspendues, des réceptacles
pour œuf factice, fausse couvée
pour fougère albinos, bouée d'autres fluides
concupiscence démasquée
 
des choses de l’ombre qui nous nourrissent, tiennent le silence

ici encore, séparer
d’où? de quoi? vers quoi?
comme on sépare le bon grain de l’ivraie
tu calcules pour nous les ivresses que procure la toxicité du monde
tu guettes ce qui est caché au dedans des êtres
comme le pas recyclable toujours planqué... tsss

toujours les enfants aimeront leurs couleurs vives

éclair durera

Fukushima

faire revenir ce qui a été rejeté, éloigné de nous
ineffacé, ineffaçable
l’intimité des objets, leurs âmes cuites, tu dis

vérifier l’éternelle fécondité contenue dans la chose délaissée
ce qui peut encore faire signe
grâce à toi
le premier à voir aide les autres à gagner la vue
le regard noir d’Arun Kolatkar

ouvrir les objets comme des corps vacillants
le congélo survivaliste, les autres compagnons d’ivresses et de violences inavouables
pour qu’ils parlent à nouveau sans qu’ils ne soient les mêmes
quelle force encore pour contenir?

signes fuyants, lien défait à refaire
on se rejoint comment ?
borborygmes
danse de jambes ankylosées, exsangues
 
une danse solitaire
anguilleuse, besogne, malhabile
ivresse amoureuse aux entrailles indéfinies
pique le plafond, retombe, se décourage
longue plainte, la rumeur tu pressens grandira
Il faut attendre, se maintenir, sous pression
et par le souffle dire: je suis pudeur
c'est mon nom

à côté, toi, nous, se retenir, ou pas

CB

(l'italique fait parler Gyan)


Gyan Panchal est né en 1973, il vit à Faux-la-Montagne (Limousin, FR). Diplômé de la Jan Van Eyck Academie (Maastricht, NL), son travail a fait l'objet de nombreuses expositions individuelles et collectives : au Musée d'art contemporain de Rochechouart (FR) ; au Palais de Tokyo, Paris (FR) ; Jhaveri Contemporary, Mumbai (IN) ; Maison des Arts Georges Pompidou, Cajarc (FR) ; la Criée, centre d'art contemporain de Rennes (FR) ; Thalie Art Foundation, Bruxelles (BE) ; CAN Centre d'art Neuchâtel (CH) ; le Plateau FRAC Ile de France, Paris ; MaisterraValbuena, Madrid (ES) ; Musée d'Art Moderne de Paris (FR) ; Biennale de Rennes (FR) ; Musée d'art contemporain Carré d'art à Nîmes (FR) ; Crédac, centre d'art contemporain à Ivry-sur-Seine (FR) ; Villa Arson, Nice (FR) ; Maison Populaire, Montreuil (FR) ; Fondation Pernod-Ricard, Paris (FR). En 2019, le Musée d'art moderne et contemporain de Saint-Etienne a présenté une exposition personnelle de son travail qui a été accompagnée d'une publication monographique intitulée Au seuil de soi.

Remerciements : Marion Courtois, Josselin Vidalenc